L’audience est massive et documentée : 89,2 % des ménages marocains ont accès à internet, 91,7 % des Marocains possèdent un smartphone (ANRT, enquête TIC 2024), et le Livre blanc e-santé de l’Université Mohammed V mesure que 90 % des usagers interrogés jugent la digitalisation de la santé bénéfique. Avant une consultation, après un diagnostic, à la place d’un rendez-vous parfois — les patients lisent. Et de plus en plus, ils interrogent les IA : chez un chirurgien ORL de Fès que nous accompagnons, trois patients sont arrivés « envoyés par ChatGPT » dès 2025 (constat de terrain, documenté sur la page Les chiffres).
Or ce qu’ils trouvent, en français, est trop souvent générique ou faux — et en arabe, presque inexistant. Le paradoxe du Livre blanc s’applique ici mot pour mot : 94 % des professionnels de santé utilisent les réseaux sociaux dans leur exercice, mais 13 % seulement en font un usage de notoriété. Presque aucun praticien ne publie ce que ses patients cherchent réellement. Chaque question sans réponse validée est remplie par autre chose : un forum, un site étranger, une approximation d’IA.